Tu n'es pas seul (3/7) - Cycy la vache de l'espace
Tu n'es pas seul by Cycy la vache de l'espace
CHAPITRE 6 : Le châtiment de Shirahime
« Le pays de Kurisutaru n’a pas toujours été ainsi, explique la Reine de Cristal. Autrefois ? son paysage était verdoyant et plein de promesses.
« Que s’est-il passé ?, demanda Shaolan.
- Notre pays a toujours été divisé en trois territoires. Le Royaume de Cristal, où nous nous trouvons. Le Royaume des corbeaux, situé totalement à l’opposé. Et entre les deux, le territoire des Célestes.
- Des Célestes ? Quel joli nom !, s’exclama Sakura.
- Le Célestes ne sont pas des humains, expliqua la Reine de Cristal en désignant la jeune femme blonde qui l’accompagnait. C’est un peuple différent, qui ne comporte que des femmes. Elles ont la particularité d’avoir des cheveux très blonds, comme aucun être humain n’en possède en ce monde. Ainsi que de très puissants pouvoirs et un langage différent du nôtre. Beaucoup de légendes ont couru sur elles , cela a redoublé lorsque l’une de tes plumes est arrivée sur leur territoire…
Au mot « plume » , Shaolan avait bondit de son siège. Le double de Sakura ferma lentement les yeux :
« Ptite fille, j’ai fais un rêve… Le rêve qu’une plume, chargée de pouvoirs à la puissance inouïe, viendrait dans notre pays… Une plume appartenant à une jeune fille qui était mon double d’un autre monde, et qui un jour viendrait la chercher…
La Reine de Cristal rouvrit les yeux :
« A partir du moment où les Célestes ont eu cette plume en leur possession, leurs pouvoirs ont redoublé d’intensité. La plume a alors attirée la convoitise du Roi du Royaume des Corbeaux, qui a tout mis en œuvre pour s’en emparer. Les Célestes sont un peuple pacifiste, elles n’utilisent la magie que pour guérir et protéger… Le Roi des Corbeaux n’a pas eu le moindre mal, avec son armée, à massacrer ses malheureuses… Les seules qui sont parvenues à s’enfuir se sont réfugiées ici, au Royaume de Cristal, où nous les protégeons. Mais le Roi des corbeaux n’a pas pu s’emparer de la plume. Et elle se protège elle-même en faisant tomber cette neige discontinue pour ralentir son armée…
- Mais c’est une protection bien faible face à un homme déterminé au point d’avoir anéantit tout un peuple !
- Rassurez-vous, la fée des glaces est restée auprès d’elle…
- La fée des glaces ?!
- J’ai du lui confier la plume… Entre autres raisons parce que à mon approche, les pouvoirs de celle-ci devenaient comme fous, provoquant de véritables cataclysmes. J’ai compris que c’était parce que je suis le double de sa propriétaire légitime, et que ma présence était comme celle d’un aimant faisant perdre le nord à une boussole…
Mokona, traversant la pièce en caleçon à fleurs, confirma cette théorie.
« C’est pourquoi c’est la fée des glaces, la plus puissante des Célestes, qui est demeurée pour garder la plume…
- Mais vous venez de nous dire que les Célestes avaient une magie uniquement défensive !
- Pas la fée des glaces. C’est une métisse.
Devant les yeux ronds de ses invités, la Reine de Cristal eu un rire enchanteur avant d’ajouter :
« Cette histoire est décidément très longue ! Je vais vous la raconter…
Fye était toujours agité de fièvre et de spasmes dans son sommeil. Ses convulsions semblaient violentes, douloureuses….
« Vous devriez vous aussi vous reposer », affirma la fée des glaces en voyant que Kurogane n’avait pas quitté son chevet. Il la fusilla de son regard le plus noir en guise de réponse.
« Vous ne me faites pas confiance, n’est-ce pas ? », demanda la jeune femme de son ton le plus mutin et destabilisant.
Bon sang, mais où l’avait-il déjà rencontrée ?
« Vous n’avez répondu à aucune de mes questions, se contenta de souligner le ninja. Par exemple, comment se fait-il que vous ayez appelé Fye par son nom depuis le début alors qu’il est toujours inconscient et que je ne vous ai pas livré cette information ?
La jeune fille redoubla de son rire aussi mignon qu’agaçant.
« Décidément, vous êtes très perspicace, Mr le ramoneur… Mais si je vous le disais maintenant, cela vous gâcherais toute la surprise… »
Kurogane tiqua sur le mot « ramoneur », l’un des tout premiers quolibets dont Fye l’avait affublé à leur rencontre. Bizarrement, il en fut moins hostile à l’égard de leur hôtesse. Elle traversa la pièce, lumineuse et légère comme un ange, et vint s’asseoir à côté de lui comme un oiseau se pose sur la branche, dans un bruissement satiné. De plus près, elle était encore plus belle, une beauté divine, irréelle, à couper le souffle, mais aux yeux de Kurogane, aucune femme n’arrivait à la cheville de la Princesse Tomoyo …. C’était une histoire à la Ulysse et Pénélope, mais… Bien plus complexe….
Il recadra ses pensées en se demandant pourquoi cette Shirahime semblait en savoir plus long que lui sur Fye , et continua de la surveiller chaque fois qu’elle approchait trop près de lui…
« Autrefois ces lieux étaient emplis de toute une communauté, murmura enfin la jeune fille en promenant son regard bleu azur sur les vastes murs de l’immense salle où ils se trouvaient. Mais je suis la dernière à présent…
Alors, sans lui évoquer l’affaire de la plume, elle lui résuma l’histoire du pays de Kurisutaru et des Célestes. Puis :
« Notre peuple a toujours effrayé et été incompris. Autrefois on disait que nos larmes provoquaient toutes sortes de malheurs aux humains : disparitions, défaites, meurtres, ruptures, trahisons… Tout était de notre faute. Nous étions une espèce incomprise et les seuls humains prenant notre défense étaient bannis de leur clan… La principale peur des Célestes venait du fait que nous ne sommes que des femmes. Chaque fois qu’une Céleste meurt, son corps s’entoure d’une Chrysalide, puis de ce cocon surgit une petite Céleste en touts points semblable à celle qui vient de mourir… Pourtant un jour…
Le regard de la fée s’anima d’une lueur étrange.
« Pourtant un jour, le général Ojiro, du Royaume des Corbeaux, s’éprit de Tama, une Céleste, et inversement. Pour la toute première fois, une Céleste était enceinte de l’enfant d’un humain, et il l’emmena au Royaume des Corbeaux pour l’épouser. Mais ce fut un désastre. Le Roi fit tuer le Céleste après qu’elle eu mis au monde un enfant métis, et comme celui-ci était également menacé, le général prit la fuite en l’emmenant au territoire des Célestes. Il parvint à sauver son enfant mais périt de ses blessures peu après son arrivée.
La fée des glaces soupira :
« Il faut croire que c’est surtout le territoire des orphelins… L’an dernier j’ai découvert le petit Kuro, seul et inanimé tout comme vous, dans la neige… Lui aussi a fuit le Royaume des Corbeaux, où il n’avait plus de famille…
- Et qu’est-il advenu de l’enfant du général ? », demanda Kurogane, un peu perturbé par la présence de son jeune double, qui dormait lui aussi à poings fermés, avec le sourire des bienheureux.
« Une petite fille… poursuivit Shirahime. Elle a rapidement grandit, notamment en magie, la puissance des Célestes alliée à celle des humains. Elle est devenue la fée des glaces et continue de veiller sur ce territoire empli de souvenirs… », dit-elle avec un sourire entendu.
« Mais…. » Le son de sa voix se brisa net, fragile et ému.
« Le peuple des Célestes s’est enfuit et celui des humains lui est interdit… Tel est son châtiment… Condamnée à demeurer seule… »
Elle retint le sanglot qui enflait dans sa gorge et les larmes qui perlaient à ses yeux, se penchant lentement vers Fye, toujours en lutte cotre le venin qui obscurcissait ses rêves, écartant les fines mèches blondes plaquées par la sueur sur son front fiévreux…
…Fye… Shirahime….
Alors Kurogane comprit enfin l’évidence. Non, il n’avait jamais rencontré Shirahime auparavant, dans une autre dimension ou dans une autre vie. Ce qu’il avait remarqué en elle, c’était l’écho désespéré de cette punition qui collait à Fye comme une seconde peau :
Ce gouffre sans fond et glacé que l’on nomme SOLITUDE…
CHAPITRE 7 : Mon étoile
« Si vous voulez que Mokona remporte 150000€, pour Mokona tapez 1 !
- Mokona
- Woui, Shaolan ? Wiiiiz !
- Est-ce que tu sais où Mr Fye et Mr Kurogane peuvent se trouver ?
- Pour Fye le matou tapez 2 ! Pour Kuro toutou tapez 3 !
Shaolan saisit la petite boule de poils entre ses mains et la berça tendrement, comme pour l’endormir :
« Tant que nous resterons dans ce monde tu ne seras pas toi-même… Demain j’irais chercher la plume, et je pense qu’après tu te sentiras beaucoup mieux…
Sakura observait la scène avec des yeux doux et inquiets.
« … Mr Shaolan…. Vous souvenez-vous de ce que la Reine de Cristal nous a dit tout à l’heure ? Le territoire des Célestes est devenu hostile… De nombreuses créatures dangereuses rôdent tout autour…
- Je saurais les dépasser et retrouver votre plume. Et puis, je ne serais pas seul. Une nombreuse escorte sera à mes côtés. Ne vous inquiétez pas…
- Wiiiiz ! » , s’écria Mokona, bondissant des mains de Shaolan pour rejoindre celles de Sakura.
« Le docteur Shaolan a raison ! Si vous continuez de vous inquiéter pour tout, Mademoiselle, vous ferez un ulcère avant l’âge de trente ans !
- Merci, Moko Chan…. , murmura Sakura en caressant le petit animal.
- De rien. C’est 500 balles la consultation !
La Princesse sourit tendrement, puis ajouta :
« De toutes façons, moi aussi je serais membre de l’escorte qui partira à la recherche de la plume.
- Et oui, vous ne pourrez pas refuser, car j’ai demandé l’autorisation à la Reine de Cristal en personne ! C’est bien pratique de pouvoir se parler entre soi-même… Etrange, mais plutôt amusant !
- Mais… Princesse… tenta de contester Shaolan.
- Passez une bonne nuit, vous devez être en pleine forme demain. Moi aussi, je m’en vais dormir dans ma chambre… Tu viens, Moko Chan ? … Je suis sûre qu’on va retrouver la plume, Mr Kurogane et Mr Fye…. Bye, bye ! », lança-t-elle de son sourire le plus craquant et malicieux avant de disparaître derrière la porte.
Après le langage fleurit de Kurogane, les minauderies de Fye. Sakura , avec sa curiosité naturelle et son désir de se rendre utile, apprenait vite de tout ce qui l’entourait. Tout comme Shaolan, elle grandissait et évoluait à travers ce voyage, et même lorsqu’elle aurait retrouvé toutes les plumes contenant sa mémoire, elle ne serait plus tout à fait la même qu’avant l’accident qui l’avait rendu amnésique. Dans ce monde aussi, Shaolan devrait se battre pour récupérer l’une des plumes de Sakura. Il ne reculerait pas.
« Je les retrouverais toutes, Princesse !
Debout face à la nuit constellée d’étoiles, majestueuse sur le vaste balcon de sa chambre, l’autre Sakura, la Reine de Cristal, murmura avec mélancolie :
« Toi aussi tu avais cette détermination, Shaolan…
- Maman ?
La jeune Reine se retourna lentement. Une petite fille de cinq ans se tenait près d’elle. Une adorable enfant, avec des yeux doux et une longue chevelure d’un ébène luisant.
« Oui, ma petite Tomoyo ? »
CHAPITRE 8 : Délivres moi
Fye luttait, luttait contres ses cauchemars, contre le venin qui avait empoisonné son sang, pour retourner vers le monde réel. Pourquoi ne trouvait-il jamais le repos ?
Seul, recroquevillé, comme un petit enfant apeuré dans le noir, les mains jointes, le visage enfoui dans ses genoux, le cœur oppressé, aux battements à peines perceptibles, de plus en plus lents. Pas une lueur au fond du gouffre des ténèbres qui l’avaient englouti, pas un son, pas la moindre présence rassurante à laquelle se raccrocher…
Juste Ashura ô et lui. Comme avant….
« Vous n’étes pas réel… »
Oui, trouver la force de vaincre cette angoisse qui le rongeait corps et âme.
Inéluctablement…
Tomber le masque, se relever. Après chaque chute, encore et encore. Ce n’était pourtant pas bien difficile, de respirer ? Il fallait qu’il retrouve son souffle, qu’il s’extirpe de cette langueur moite qui l’étranglait. Rompre l’obscurité, hurler à pleins poumons. Chasser ses démons et ne pas sombrer définitivement dans la folie. Cette démence. Comme un fauve qui se déchaîne toutes griffes dehors, un feu qui vous consume lentement avec vos dernières bribes de lucidité.
« Est-ce vraiment ton souhait ? », demanda Ashura ô en posant une main sur sa tête.
« Je n’ai pas le droit de mourir , répondit Fye. Pas comme ça. Pas encore.
Il y a un vide en moi, et il m’attend, quelque part. Je dois le retrouver !!! »
« Il est pourtant présent avec toi, affirma Ashura ô. Dans ce corps où tu dors et tu survis…
- Est-ce qu’il peut m’entendre ?, demanda Fye. Il y a si longtemps que nous sommes séparés… Parfois je crois entendre son rire qui se moque de moi… Mais derrière ses rires… Il n’y a plus rien.
- Ses rires se sont glacés… Tout comme tes larmes.
- Alors plus rien n’existe, pas même moi. Je voudrais tant l’entendre rire encore… Pourquoi ?
- Parce que tu es victime de ce rien qu’on appelle le manque. »
« En vérité, tu t’es trahit toi même, affirma Ashura ô . Tu prétends craindre pour « leur » vie. Tu es une menace tant que tu restes avec eux. Tu ris et tu joues, alors que tu le sais… Que chaque seconde auprès d’eux est peut-être la dernière… Qu’un jour la mort frappera, et que c’est toi qui l’aura causée. Tu ne sauras pas les protéger de ce qui te hantes… Et tu es trop lâche pour trouver le courage de les quitter. Trop lâche pour leur dire toute la vérité…
- Laissez moi !!!! », hurla Fye, ne supportant pas toutes ces terribles accusations.
« Laissez moi… Je veux être seul. Porter seul ce fardeau. … Ne me regardez pas ainsi. »
« Je n’aurais pas dû me livrer ainsi, continua Fye. Je n’aurais jamais dû m’attacher à eux. Mon destin est la solitude. Depuis toujours et pour toujours. Pas le droit d’aimer. Pas le droit d’être aimé. Parce que…
Je ne veux être la cause d’aucun sacrifice…
Je sais combien ce mot est lourd de conséquences, pour ceux qui y ont succombé. »
« Entre la vie et la mort, il n’y a qu’un rêve capricieux…
Comme ce désespoir de ne pas parvenir à les quitter tous les quatre. »
« Je fuis… Parce que je ne veux pas que le rêve se brise. »
« … Mais toi tu sauras me retrouver, hein, Ashura ô ? »
« C’est inutile est insensé, affirma Ashura ô. Toutes tes larmes ne pourront jamais susciter ma pitié. Laisses ce vide froid t’envahir et te délivrer de tes tourments. Renonces à eux. »
… Shaolan….
… Sakura…
… Mokona…
… Kurogané…
Fye releva lentement le visage.
« Il y en a un qu’il ne faut pas contrarier, dit-il. S’i l me voyait comme ça il n’hésiterait à me houspiller pour que je m’arrache à ce cauchemar… Kuro Chan doit être furieux en ce moment. Vraiment FURIEUX . Je le pratique depuis assez longtemps, maintenant… Je suis sûr que là, il me gueule tout un chapelet de noms d’oiseaux pour me faire réagir. »
A cette idée , Fye eu un petit rire, sincère malgré lui.
« Si tu choisis de repartir, alors tes souffrances reprendront, affirma Ashura ô. Tes mensonges aussi. Jamais tu ne trouveras le repos et la paix dans ta fuite inutile… Et c’est leurs vies que tu remets aussi en jeu.
- Ce n’est pas un jeu. J’ai trouvé un sens à ce qui n’en avais pas. Alors je vais laisser revenir la vie, et laisser battre ce cœur plus vite… Parce que j’ai pris conscience qu’il était là. »
« Tu ne peux pas revenir !
- Je dois revenir. Je veux revenir. Parce que je ne veux pas ajouter ma peine à leur lot de souffrances… Parce que sinon…. Kuro Chan… »
« Hé !!!! Tu vas t’réveiller, ouais ?!!!! »
Les mots s’étaient répercutés jusqu dans le moindre recoin de la nuit régnant sur ce cauchemar.
« Hé !!!! Allez, ouvres les yeux !!!! »
Quelque part dans une semi conscience, Fye sentait confusément qu’une poigne de fer secouait énergiquement l’un de ses bras :
« Réveilles toi, idiot, réveilles toi ou je t’en colle une !!!! »
Pas de doute, cette voix furieuse qui lui vrillait les tympans, c’était bien Kuro Toutou qui aboyait ! Il fallait laisser Ashura ô derrière lui. Suivre le guide, suivre le son de la voix de Kuro Chan et revenir. Il n’était plus très loin…
« Je te donnes trois secondes pour ouvrir les yeux !!!! »
Mais c’est qu’il rigolait pas, le Kuro papa
« Un… »
Allez debout, debout et court, court vers sa voix !
« Deux… »
Dans des volutes brumeuses, incertaines, une image se dessine vaguement… Un visage… Il le reconnaît… Son visage….
« Trois !!!! »
Le poing de Kurogane s’écrase sur l’oreiller , à deux centimètres du visage de Fye, qui vient d’esquiver le coup, les yeux bien ouverts et un large sourire happy face en guise de condoléances :
« Quelle arnaque, c’est toi le comité d’accueil ? J’ai pas droit au doux baiser d’une princesse comme dans le conte ?
- Pas de princesse à l’horizon, grogna Kurogané en croisant les bras. On est toujours paumés au milieu du désert, et à cause de toi, on a perdu une bonne journée pour retrouver les gosses.
Puis, avec un soupir indifférent :
« Comment tu te sens ?
- Je crois que j’ai encore la tête dans le Gluck, mais, ah, ah, je pète la forme !.... Ooooh mais c’est génial, ça ! T’as vu ? J’ai même pas de cicatrice !... hé ! Mais c’est tout à fait charmant, ici ! A qui appartiennent tous ces jolis meubles ?
- C’est cette fille… grogna Kurogane d’une voix méfiante mais déstabilisée.
- Nooon, minauda Fye, il y a une divine créature qui a osé me voler mon Kuro Chan durant mon sommeil ?
- Pas du tout ! Arrêtes de dire des idioties !
- Moi qui pensais que tu serais d’une fidélité exemplaire envers la Princesse Tomoyo ! Tu vas lui briser le cœur, à cette pauvre petite !
- Mais noooon ! Jamais de la vie !, vociféra Kurogane en perdant toute sa mesure légendaire. Ça n’a rien à voir, c’est à cause de TOI !!!!
- Bien sûr, c’est ma faute si t’es un coureur de jupons ! Ah, ah, aaaah ! »
Fye était tellement hilare et euphorique, sans doute en contrecoup des délires provoqués par le poison, que Kurogane fut obligé de lui plaquer une main sur les lèvres pour obtenir un peu de silence. Lorsqu’il lui sembla un peu moins agité et passablement apaisé, il la retira pour lui demander /
« Fye, est-ce que tu es encore dans les vaps ? »
Le magicien ne répondit pas immédiatement. Pour une fois, ce n’est pas qu’il dissimulait un mystère. C’est qu’il déployait un effort surhumain pour ne pas hurler de rire à en rouler par terre, et ses yeux en pétillaient de larmes.
« En vérité, je ne sais pas si c’est l’air de ce monde, ou les émanations douteuses que produisait le Gluck, ou encore la substance hallucinogène qui m’a si bien divertit cette nuit, mais… Je crois que je suis complètement pété ! AH AH AH AH !!!! »
Kurogane eu le regard atterré de l’homme prêt à tout assumer, sauf une situation aussi démente.
« Ah ! cette fois j’ai vu la mort en face, continua Fye, et tu sais ce qui m’aurait le plus manqué, mon Kuro Chan ?
… » , fut la seule réponse du ninja renfrogné. Fye rapprocha son visage du sien avec une mimique irrésistible :
« TON SOURIRE EBLOUISSANT !!!!
Puis le magicien s’écroula à nouveau sur son lit en riant aux éclats, riant et riant encore comme un fou furieux :
« TON SOURIRE !!!! TON SOURIRE KURO CHAN !!!! WA HA HA HAAAA !!!! »
Le ninja murmura presque stoïquement :
« Shaolan, trouves cette plume, que l’on quitte vite ce monde… »