Tu n'es pas seul (5/7) - Cycy la vache de l'espace

Publié le par chiichan

Tu n'es pas seul by Cycy la vache de l'espace

CHAPITRE 14 : Katanas et Bibelot

 

« Y’a autre chose que de la neige dans ce  foutu désert ?

- Ben non, patate, c’est un désert ! »

Les deux Kurogane s’étaient arrêtés dans un endroit semblable à des milliers d’autres, de la neige et rien que de la neige à perte de vue. Le grand inspectait soigneusement chaque lieu situé dans les kilomètres à la ronde de l’endroit où Fye et lui avaient atterris, mais rien, pas une trace de ses trois petits disparus.

« ça fait déjà deux jours… grogna-t-il.

- Votre Mokona, c’est une créature magique, non ?, dit le petit. Si ça se trouve, il a produit un sort pour tous les mettre à l’abris… Ooooh, hé, regardes Kuro pépé, tu sais le faire ça ? 

Il observa  d’un œil consterné mini Kuro en train de grimper au seul arbre, dégarnit et sec, qui peuplait l’horizon.

« Descends de là avant de te faire mal, microbe.

- Vieux débris !

- Nain de jardin !

- Ancêtre !!!! »

 

Kurogané soupira sur son grand âge (15 ans à peine de plus que le petit singe) et se remis à chercher des indices sur un éventuel passage de ses compagnons de voyage, ne prêtant plus qu’une oreille distraite aux interjections de son jeune double.

« Hé, Kuro Pépé, tu sais le faire, ça ?

 

- Ouais, ouais…

- Kuro Pépé ! T’as vu le truc là-bas ? J’vais voir ce que c’est !

- C’est ça, t’éloignes pas trop… »

Kurogané observait des traces dans la neige lorsqu’il entendit un grand « zwouf » ! Et avec , un grand cri d’enfant :

 

« Kuro Pépé, j’en ai pêché un GROOOOS !!!! »

 

Kurogané constata qu’en effet, le gamin se tenait face à face avec l’une des créatures féroces qui avaient blessé Fye deux jours plus tôt. Le marmot ne se laissa pas démonter et en deux temps, trois mouvements, l’envoya à trépas d’un coup de lame bien placé. Mais immanquablement, toute une multitude de créatures surgirent à leur tour des tréfonds de la neige, cernant l’enfant.

 

« Woops », dit-il, à peine impressionné mais conscient de sa mauvaise posture. Il ouvrit ensuite des yeux ronds, se sentant comme soulevé. Kurogane avait fendu l’espace comme un éclair, décidé à prendre sa revanche contre les créatures, et emportant l’enfant sous le bras, il lui prit son katana de l’autre main. Comme si le temps avait suspendu son envol, Kurogane profita de l’élan de son saut pour se situer au-dessus des créatures, et avec le sourire carnassier du fauve parvenu à piéger sa proie, lui administra une riposte collective des plus fatale :

 

« ATTAQUE DU ROI DRAGON !!!! »

Badaboum flash ! Elles furent toutes atomisées d’un coup, et proprement !

 

Kurogane se réceptionna au sol avec une aisance qui sidéra son mini double, calé sous son bras :

« Alors toi, mon vieux… »

Il enlaça son cou et agita furieusement son poing dans ses cheveux :

 

« J’t’adore, j’t’adore, j’adore !!!!

-T’as pas bientôt finit, oui ?, grogna Kurogane, aussi gêné qu’outré.

- Non !, cria le marmot en parvenant à grimper sur son dos, pas tant que j’aurais pas réussit !

- A me battre ? Pffff , tu peux toujours rêver, affirma Kurogane avec un sourire en coin.

- Non… »

Kuro Kun, assis sur ses épaules, serra sa tête dans ses petits bras :

 

« … A te rendre moins triste … »

 

Kurogane frémit. Il attrapa le gamin par le col et le tint à bout de bras en face de lui.Loin d’être destabilisé, le gosse planta son regard dans le sien d’un air de défi, son sourire le plus narquois et adorable étalé sur sa bonne bouille. Il se demanda s’il avait vraiment été ainsi, un jour…

 

« Mauvaise graine.

- Vieux shnock ! »

Kurogane ouvrit la main et le gosse s’esclaffa sur l’épais tapis de neige. Flop !

« Héééé ! C’est pas sympa !, grogna-t-il en se relevant, rougit de froid.

- JE NE SUIS PAS SYMPA » , affirma Kurogane, qui ne voulait pas se laisser attendrir par cette marmaille.

 

Tout à coup, le sol se mit à trembler, trembler et trembler encore, d’une secousse plus puissante qu’aucune autre ces derniers jours, le ciel s’obscurcit de son ébène le plus sombre, le brouillard se mêla à des vents furieux tout autour d’eux…

« Qu’est-ce qui se passe ?! », hurla le grand Kuro en serrant le petit dans ses bras, faisant rempart de son corps afin de le protéger. Le petit Kuro eu enfin un regard apeuré, angoissé, en direction, là-bas, du temple des Célestes où étaient restés Fye et Shirahime :

« C’est la plume, tenta-t-il de crier par-dessus le tumulte… La plume… Qui se protège !!!! »

 

Plusieurs centaines de mètres en aval, Mokona confirma cette théorie, ouvrant des yeux ronds comme des boules de lotto en criant « PLUME !!!! ».

Alors que les 12 gardes inutiles se protégeaient des vents tumultueux en hurlant, Shaolan eu son regard déterminé qui ne trompait pas, et s’apprêta à se lancer en direction des tumultes lorsqu ‘un brouhaha provint du carrosse :

« Non ! Princesse, n’y allez pas !!!!

- Je le dois !!!! »

Sakura surgit elle-même en trombe à l’extérieur, sans se soucier de sa sécurité. Shaolan se précipita de son côté, sur le point de protester quelque chose, lorsqu’il la vit s’emparer de l’une des montures des gardes, sauter dessus en amazone, et s’approprier les rênes avec son regard le plus redoutable :

 

« Je ne suis pas un bibelot ! Fonces devant, je te suis ! »

Shaolan eu un sourire entendu. On ne contestait pas la lauréate de la grande course du piffle world !

« Je vous en prie ! , cria Shuko en surgissant à son tour du carrosse. N’y allez pas seuls, c’est trop dangereux !

- Tout ira bien, affirma Sakura de son sourire le plus tendre et rassurant. Je ne craindrais rien. Ce garçon a quelque chose à faire ! »

Et voilà les deux adolescents qui s’élancent à tombeau ouvert en direction des vents tumultueux et des tremblements de terre toujours plus puissants. Mokona, juché sur Shaolan, criait avec les oreilles plaquées par la vitesse :

« CONTINUES ! PLUS VITE ! ON SE RAPPROCHE !!!! »

 

Sous l’impulsion des tremblements de terre, des geysers surgirent des tréfonds de la terre, projetant des nuées de vapeur d’eau bouillante. Shaolan slaloma entre eux à une vitesse prodigieuse, Sakura parfaitement en sécurité en le suivant pas à pas. Puis il y eu une multitude de créatures, toutes plus étranges les unes que les autres, qui les attaquèrent en se mêlant aux tornades. Shaolan fut plus rapide que toutes réunies, et plus prompt à la bataille.

 

Une lueur, un éclair, une faille…

Les créatures tombèrent les unes après les autres, comme des jetons de domino, sans qu’aucune ne soit parvenue à le ralentir : tak ,tak, tak, tak ,tak, tak ,tak tchak !

« Woupi ! Bravo, Shaolan ! », cria Mokona joyeusement, avant que ses oreilles plus précises qu’un sonar ne distinguent une anomalie.

« … Ah ? »

Vents furieux, brouillard, geysers, tremblements de terre cessèrent brutalement. Seule la neige chutait encore.

 

« Que se passe-t-il, Mokona ?

- La plume… Elle s’est endormie. Je la sens à peine. »

Derrière eux, Sakura eu un regard plein d’inquiétude :

« Que peut-on faire, à présent… Shaolan ? »

Même si Mokona semblait avoir retrouvé toute sa tête, il avait perdu le signal de la plume. Mais…

« Nous sommes dans la bonne direction, affirma Shaolan. Alors je suivrais votre conseil, Princesse. ON FONCE !!!! »

 

Après seulement quelques centaines de mètres, ils découvrirent enfin, au milieu de l’immensité glacée du désert, un bâtiment étrange, à l’architecture baroque et gothique entremêlée.

 

Shaolan mit pied à terre et fit seul quelques pas dans la neige.  Pas un son ne s’échappait de ces lieux et pourtant tout témoignait d’une bataille récente, et des plus violentes. Des colonnes écroulées par la violence des chocs, des meubles brisés, partout des traces tumultueuses dans  la neige, quelques gouttes de sang…

Sakura serra  Mokona dans ses bras avec anxiété.

Shaolan promena son regard sur les lieux en ressentant…

La menace du danger toute proche…

 

« ENFOIRE !!!! QU’EST-CE QUE T’AS FAIT DE SHIRAHIME ?!?! »

Dzing !

Shaolan avait paré le coup juste à temps, sa lame s’entrechoquant avec celle de son adversaire. Il fut hébété en constatant qu’il s’agissait d’un tout petit enfant, de six ans tout au plus, qui le foudroyait d’un regard véritablement fou de rage, un enfant qui ressemblait de manière  hallucinante à…

 

« … KURO !!!! ça suffit ! Ils sont avec nous ! », grogna une voix gutturale en attirant l’enfant en arrière.

 

                « KUROGANE !!!! », s’écrièrent Sakura et Mokona d’une seule voix en se jetant sur le ninja, qui en fut profondément gêné et maladroit, se retrouvant avec deux gosses et une peluche sur les bras. Shaolan, lui, eu un soupir soulagé de retrouver son mentor inchangé.

 

« Alors finalement, c’est vous qui nous avez retrouvés, dit-il à Shaolan, en remarquant qu’il arborait son air le plus sérieux.

- Oui, mais… Malheureusement… »

Il n’ajouta pas un mot, la scène sinistre autour d’eux était suffisamment explicite.

« Ouaip, on a du boulot sur la planche, gamin. J’ai comme l’impression qu’on vient de nous enlever la plume sous le nez. Sans parler de ce crétin absolu de mage qui n’utilise jamais ses pouvoirs.

- Qu’est-il arrivé à MR Fye ?! »

Kurogané ferma les yeux.

« Encore en train de se croire le plus malin à faire cavalier seul… »

 

CHAPITRE 15 : Ce lien qui ne se voit pas mais qui se ressent

 

Grâce au remède de Shirahime, Fye s’était rapidement sentit beaucoup mieux.Il mit sa faiblesse, au moment du départ de Kurogane, sur le compte de ce qu’il s’était juré de ne jamais plus ressentir pour quiconque : cette damnée EMOTION…

Fuir. Fuir son cœur et la vérité, sans trêve et sans repos. Sa course s’achèverait tout aussi brutalement que celle de…

Il frémit. Non. Ne surtout pas penser à cette personne. Seul Asura ô savait qu’elle avait existé. Et Shirahime. Parce que… « C’est vrai., murmura-t-il, Je me cache derrière un nom… »

 Pour échapper à ses mensonges, il se leva du lit où il était avachit, remua chacun de ses membres. Ses forces étaient revenues en lui, le portaient d’une vigueur nouvelle. Il promena son regard sur la chambre déserte, vit son manteau du monde précédent accroché au coin d’un meuble. En fouillant dans ses poches, il découvrit ces petits riens qui font tout, dans leur drôle de famille improvisée :  le plan d’une des villes qu’ils avaient explorée, studieusement annoté par Shaolan, un petit gâteau cuisiné avec affection par Sakura et à moitié dévoré par Mokona, et un papier où… Un papier où Fye avait écrit en grand, dans sa langue natale, les formules de politesse usuelles : « Bonjour, s’il vous plait, merci, Au revoir ». Kuro Chan avait écrit la même chose en japonais au-dessous. C’était pour Shaolan, qui s’était mis en tête de faire un lexique, au cas où ils tombent en panne de Mokona. Ce jour là ils avaient bien ris sur le contraste flagrant entre son écriture et celle de Kuro Chan, un vrai charabia l’un pour l’autre… Même là.

Une secousse terrible, qui fit trembler tous les murs, le tira de ses pensées. Il s’empara d’une lance de bois, laissée par prudence par un ninja extra lucide.

 

« … SHIRAHIME CHAN ?! 

Il se précipita au-dehors, constata la situation périlleuse. Shirahime , debout et droite dans la neige, comme une étrange apparition dont le kimono vaporeux virevoltait dans le vent, faisait face à un véritable régiment de soldats en armure. Fye comprit en un centième de seconde qu’il n’y avait en réalité pas un brin de vent. Toute cette énergie provoquant tremblements de terre et tempêtes, toute cette aura magnétique, toute cette puissance flamboyante provenait de la fée des glaces…

 

Ou plutôt…

« Rends toi ! , crièrent les soldats en armure. Si tu tiens à la vie, livres nous la plume ! 

Shirahime ne répondit même pas. Elle avait un regard étrange, froid et distant, un peu douloureux. Il lui suffit de lever une seule main pour provoquer des vents tumultueux, séismes fulgurants, geysers puissants, contre lesquels l’armada tenta vainement de lutter. Certains guerriers accoururent vers la fée arme au poing. Fye s’était déjà précipité pour la protéger lorsqu’il vit Shirahime se défendre avec une rapidité et une classe absolue : gauche, droite, parades, feintes…. Plus vive que l’éclair, distribuant des coups de pieds à la puissance redoutable, elle avait le charme renversant d’une danseuse étoile, et des coups d’une force implacable. En moins d’une minute, elle avait mis à elle seule tous les hommes à terre, et demeura au centre du champs de bataille, toujours aussi évanescente, remettant en place le plis froissé de son kimono et une mèche de cheveux égarée dans l’air…  Aussi majestueuse qu’une déesse… Avec le regard fragile et perdu d’une toute petite fille.

 

ZWOUF ! TCHING !

Shirahime écarquilla des yeux atterrés. Même elle n’avait pas pu percevoir à quelle vitesse s’était déroulée la scène. Un homme, dissimulé jusque là, l’avait attaquée en traître,  mais Fye, intervenu juste à temps, avait paré son coup, la lame de son adversaire effleurant à peine le solide bois de sa lance made in Kuro Chan (« C’est du solide ! »)

 

« Joli coup, murmura l’inconnu en jaugeant Fye de son regard. Je pensais être le seul à être plus rapide que la fée des glaces. 

Fye n’avait pas besoin qu’on le lui dise pour reconnaître en cet home le Roi des corbeaux. Tout, depuis son armure d’un noir étincelant jusqu’à son air hautain et belliqueux lui criait cette évidence. Bien que très jeune encore, il émanait de lui une aura presque aussi puissante que celle de Shirahime, à ceci près que la sienne était clairement maléfique. Fye sembla à peine s’en formaliser, et, contrant toujours l’épée du souverain, lui dégaina son sourire Happy Face number five, le plus goguenard :

« Pardonnez moi de rester modeste et d’être seulement plus rapide que vous. 

Furieux de cette vanne, le Roi des corbeaux repassa à l’attaque. Fye esquiva, le contra, encore et encore, sous le regard bouleversé de Shirahime. La suite fut un combat terrible, brutal et rapide, chacun des adversaires démontrant son art du combat et de la stratégie, de séries de coups en feintes, d’attaques foudroyantes et de vitesse démente. Tout aux alentours fut brisé, fracassé, laminé… Pour la première fois depuis longtemps, Fye rencontrait un adversaire presque à sa mesure et se trouvait obligé de se bagarrer pour de bon. Non pas pour lui-même, il s’en moquait éperdument. Mais pour…

ZWOUF !

                Fye se retourna, surpris. Il s’était déconcentré du combat l’espace d’un centième de seconde, trop de temps pour que la fée des glaces réagisse elle aussi. Le Roi des Corbeaux fonça vers elle, lame en avant…

« SHIRAHIME CHAN !!!! », hurla Fye. Trop tard.

                Le Roi des corbeaux, porté par son élan, arriva à deux millimètres de la jeune fille, pétrifiée de peur, la saisit brutalement par le visage….

Et l’embrassa.

 

Tandis que les gardes  savatés par la fée des glaces ouvraient des yeux ébahis, Fye observa la scène, impuissant, avec un frisson de dégoût profond et de colère mêlée. Il SAVAIT que le pire restait à venir…

Lorsque le Roi des corbeaux libéra enfin Shirahime de son étreinte, celle-ci chuta lentement, très lentement, comme au ralentit, inanimée entre ses bras.

« ENDORMIE », précisa le Roi des Corbeaux. Fye l’avait blessé d’une estafilade sanglante au visage, mais il irradiait. Le mage ne répondit rien, demeurant debout et silencieux, seule la main tenant sa lance tremblant en trahissant l’émotion qui se jouait en lui…

Lorsque l’araignée fut entièrement dévorée,

Il ne restait plus que sa toile, qui lentement, lentement

Vacillait,

Pour un simple brin de vent…

 

Le Roi des corbeaux le scruta avec un regard mystérieux, le regard de ceux qui peuvent voir au-delà des apparences :

« Ainsi donc… Cette fille que tu n’avais pourtant jamais rencontrée… Et toi…

- Je vous demande de la libérer, coupa Fye avant qu’il ne puisse formuler sa pensée, de son ton le plus gentleman mais inflexible.

- Demande rejetée, répliqua froidement le Roi. Elle est la gardienne de la plume sacrée, et elle seule peut m’y mener. Qui plus est… J’ai toujours trouvé cette petite Shirahime tout à fait à mon goût, même si c’est une vraie amazone qui ne se laisse pas effleurer… »

Il eu un rire obscène et tout à fait écoeurant, et Fye, furieux, se lança vers lui à une vitesse absolument prodigieuse… Qui fut pourtant contrée par l’aura surpuissante du monarque ! Saisissant Fye par le cou, il le souleva de terre comme s’il ne pesait pas plus qu’une feuille morte, alors que ce dernier ce maudissait d’avoir été aussi imprudent et de ne pas être parvenu à le vaincre !

« Il y a en vous quelque chose qui vous lie, affirma le Roi de son regard perçant. Quelque chose qui ne se voit pas mais qui se ressens… Vous êtes… »

Il eu à nouveau son rire le plus abominable et ordonna à ses larbins :

 

« Emparez vous de ce type mais gardez le en vie ! Il nous sera peut-être utile ! »

Il relâcha sa prise et Fye, étranglé, retomba entre les mains des gardes de son adversaire. Que faire ? Se battre encore sans être assuré de la victoire ? Se laisser emmener ? Il ne voulait pas quitter des yeux Shirahime et la protéger autant que possible des assauts de ce gros dégoûtant de Roi !

 

« J’en connais un qui va être furieux… », pensa Fye en se laissant emporter par des gardes qu’il aurait vaincu facilement s’il l’avait voulu… Mais il ne voulait pas risquer la vie de Shirahime par sa témérité.

Lorsque les deux Kurogane débarquèrent sur les lieux dévastés, tandis que le petit Kuro Kun courait partout en recherchant et criant le nom de Shirahime, le grand remarqua le papier griffonné pour le lexique de Shaolan, que Fye avait volontairement laissé s’échouer dans la neige pour leur laisser un indice sur ce qu’il s’était produit. Contrairement à ce qu’il prévoyait, Kurogane ne se mit pas immédiatement en colère. Il ne pouvait pas lui en vouloir d’avoir voulu protéger sa fée. Lui-même en avait fait, de ces choses étranges, pour la Princesse Tomoyo ! Et même la plus étrange entre toutes, ce voyage surprise où il devait surveiller comme le lait sur le feu deux gosses, une peluche…

« … Et cet idiot de mage qu’il va falloir retrouver », grogna-t-il. 

C’est à cet instant que Sakura, Shaolan et Mokona arrivèrent à toute allure…

 

 

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